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Repères

Un peu d’histoire

Haïti devint en 1804 la première république indépendante de population majoritairement noire après la Révolution haïtienne ( 1791-1803)  qui conduisit l’armée de Napoléon Bonaparte à abandonner l’île. Haïti est aussi le seul pays francophone indépendant des Caraïbes.

Au début du XXe siècle, le pays est en état d’insurrection quasi-permanente qui conduit à l’invasion de l’île par les troupes du président Wilson en 1915. Les États-Unis occupèrent l’île de 1915 à 1934. Après le départ des américains, l’instabilité politique (entre militaire et populistes)   reprend, et ne s’achève qu’à partir de 1957 avec la dictature de la famille Duvalier jusqu’en 1986. Partisan de la lutte contre les mulâtres, il appuie son pouvoir personnel sur la délation et des partisans surnommés tontons macoutes, escadrons de la mort. La dictature des Duvalier fut responsable de nombreuses tueries et massacres d’opposants et de population civile telle que le Massacre des Vêpres Jérémiennes qui eut lieu en 1964. De nombreux Haïtiens s’exilèrent, notamment aux États-Unis et au Canada. Après avoir fait face à plusieurs coups d’état, son fils est chassé par une insurrection populaire en 1986 et la démocratie s’établi.

Premier mandat de Préval (1995-2000)

Aristide quitte la présidence en 1995 et René Préval lui succède. Malgré son appartenance à Lavalas, le parti d’Aristide, il n’est soutenu que du bout des lèvres par l’ancien président. Il applique immédiatement le plan américain, ce qui provoque un véritable tollé dans l’île.

Second mandat d’Aristide et nouveau coup d’Etat (2000-2004)

Aristide est réélu en 2000. Il est contraint de se plier aux exigences américaines, mais il le fait avec résistance.Il durcit son pouvoir, qui devient de plus en plus autoritaire. Après plusieurs mois de manifestations populaires et de pressions exercées par la communauté internationale, plus particulièrement par la France et les États-Unis, Aristide est emmené en exil par des militaires des États-Unis, le 29 février 2004, lorsque des forces armées constituées d’opposants et d’anciens militaires qui contrôlaient le nord du pays menacent de marcher sur la capitale Port-au-Prince. Boniface Alexandre, président de la Cour de cassation, assure ensuite le pouvoir par intérim.

Mission Intérimaire de l’ONU en 2004

Second mandat de Préval 2006-2011

En février 2006, suite à des élections marquées par des incertitudes sur le décompte des bulletins de vote, et grâce à l’appui de manifestations populaires, René Préval est élu.

Nouveau président : Michel MARTELLY élu le 16 Avril 2011

La situation politique

L’année 2011 avait été marquée par les élections dans le contexte difficile de l’après séisme. Après les 2 tours de l’élection, Michel MARTELLY, ancien chanteur, est proclamé vainqueur le 16 avril contre Mirlande MANIGAT. Il a été investi le 14 mai suivant.

Au lendemain de l’investiture le nouveau président rencontrait de nombreuses difficultés pour le choix du 1er ministre. Il faudra attendre le mois de septembre pour que Garry CORNILLE, fils d’un ancien ministre de Duvalier et fonctionnaire de l’ONU soit nommé.

Plusieurs défis sont lancés au Président et à son gouvernement :

-          La reconstitution de l’Armée, la sécurité, l’indépendance de la Justice,

-          La scolarisation, le relogement des déplacés,

-          La reconfiguration de la ville de Port au Prince,

-          La création de zones franches pour faciliter l’implantation d’usines,

-          Le développement de l’agriculture.

Il faut y ajouter les risques naturels : séismes, menaces de tsunami au Nord, pluies et cyclones.

Depuis le début de l’année 2012, l’horizon politique s’est particulièrement assombri. Plusieurs débats fragilisent la situation du président Martelly :

-          Les poursuites judiciaires de JC Duvalier : une ordonnance ne retient que les détournements de fonds publics et non les crimes contre l’humanité,

-          La dénonciation de l’autoritarisme et l’implication possible du président dans des scandales de corruption,

-          La question de la double voire triple nationalité du président, ce qu’interdit la constitution,

-          La contestation du rôle de la MINUSTAH avec l’annonce d’un nouveau viol commis par les soldats

Les tensions  avec le Président ont amené le premier ministre à démissionner en mars dernier.

La situation économique et sociale

 « Fondamentalement, la pauvreté en Haïti découle d’un processus historique de construction du pouvoir politique et de l’organisation économique centrée sur les intérêts d’une minorité ». Cette analyse de 2007 est toujours valable aujourd’hui et s’est aggravée avec les conséquences du séisme de janvier 2010.

L’aide internationale annoncée n’est pas encore parvenue en totalité et la question du relogement des personnes déplacées n’est toujours pas réglée. Plus de 500 000 vivent encore dans des campements de fortune, menacés par l’arrivée des pluies. Les premières inondations dans le Nord ont déjà saccagé des plantations, tué du bétail…Le retour des pluies provoque aussi une reprise du choléra. D’octobre 2010 à mars 2012, il a entraîné la mort de 7056 personnes et l’hospitalisation de 286 343 malades.

La situation de l’agriculture est fragilisée par le retour des intempéries mais aussi par le manque de semences et l’arrivée de semences hybrides qui ne peuvent être utilisées qu’une seule fois et obligent le planteur à en racheter aux grandes firmes multinationales de l’agro-alimentaires. De plus les paysans craignent l’accaparement de leurs terres pour la création de zones franches.